Archive pour juillet 2009

Building Rome in a Day – Université de Washington

Jeudi 30 juillet 2009

Nous avions attiré l’attention, à l’occasion de la journée de clôture du programme Ville 2.0 dirigé par la FING, sur les enjeux culturels et sociaux associés à la possibilité d’une représentation collective de l’espace urbain, à partir de l’utilisation de base de données photographiques comme FlickR, à la suite du projet Photosynth qui eut le mérite d’ouvrir la voie à de nombreuses autres recherches.

Building Rome in a Day est un projet de recherche mené par le département Computer Science and Engineering de l’Université de Washington. Partant du constat que la requête « Rome»  renvoyait 2 millions de photographies indexées, l’idée leur vint de tenter d’organiser cette quantité d’informations a priori très hétérogène, si ce n’est qu’elle ne concerne un même territoire.

Ci-dessus, une illustration du résultat obtenu pour la place Saint-Marc de Venise, réalisée à partir de 14079 images ayant permis d’obtenir un nuage de 4 515 157 points, et qui permettra de mieux percevoir la filiation de cette visualisation avec le projet Photosynth, qui recourait, dans ses premières versions, au même espace de démonstration. Vous pourrez également voir ici des exemples concernant des monuments romains (Colisée) ainsi qu’une visualisation du vieux quartier de Dubrovnik.

Exemple de réappropriation (détournement !) par des chercheurs, de contenus souvent qualifiés d’amateurs et disposés à des fins différentes sur FlickR, ce qui brouille les cartes et pose autant de question qu’elle ne permet d’entrevoir de nouveaux usages.

Sources :

« Building Rome in a Day»  in GRAILGraphics and Imagery Laboratory. [en ligne] grail.cs.washington.edu/rome/ (vérifié le 30/07/08)

Trash Track – MIT SENSEable City Lab

Mercredi 29 juillet 2009

starbucks cofee cup - trace

Vous rappelez-vous du prix Ars Electronica (Golden Nica Interactive Art) attribué en 2005 au MILKproject, issu de la collaboration entre le chercheur Ieva Auzina et l’artiste Esther Polak, en coopération avec la Waag Society ? S’inspirant du projet Amsterdam Realtime – porté également par Esther Polak, ce projet permettait de tracer, à l’aide des technologies GPS, les routes empruntées par le transport du lait, depuis leurs lieux de production dans des fermes lettonniennes jusqu’à ceux de leur consommation en Europe. Il s’agissait ainsi, dans une terminologie latourienne, de « redistribuer le local»  et de « localiser le global» , la parution de l’ouvrage de Bruno Latour, Reassembling the Social- An Introduction to Actor-Network-Theory, lui étant significativement contemporain (compte-rendu de lecture disponible ici). Le projet fut également logiquement présenté, cette même année, dans l’exposition Making Things Public de Peter Weibel et Bruno Latour , au ZKM de Karlsruhe, en Allemagne.

Proposant un nouvel opus à cette histoire encore récente de la traçabilité du réel par les nouvelles technologies (qui, on l’espère, permettra d’entrevoir des usages signifiants et d’ainsi dépasser les jugements hâtifs qui condamne toute traçabilité en soi), les chercheurs du MIT’s SENSEable City Lab développent, avec leur projet Trash Track, un moyen de suivre en temps réel le parcours de chaque item composant les ordures ménagères :

Trash Track relies on the development of smart tags, which will be attached to different types of garbage in order to track in real time each piece of waste as it traverses the city’s sanitation system. The goal of the project is to reveal the disposal process of our everyday objects and waste, as well as to highlight potential inefficiencies in today’s recycling and sanitation systems. The project will be exhibited at the Architectural League in New York City and in Seattle starting September 2009.

On peut suivre les dernières étapes du projet grâce à un blog et ainsi voir les tentatives de visualisation (qui ressemble quand même dans leur première version – cf. illustration – trop à celles du projet Biomapping !), notamment le recours à mode de visualisation de la ville en 3D.

Lorsque l’on sait – mais vaguement, notamment à travers divers reportages sur le sujet – où vont certaines des ordures ménagères des principaux pays occidentaux, et plus précisément des USA  – à savoir vers les pays « en voie de développement»  – on peut mesurer, par la prise de conscience susceptible de se dégager à partir de la visualisation géographiques des données, la dimension politique d’un tel projet.

Sources :

MILKproject. [en ligne] www.milkproject.net/ (vérifié le 29/07/2009).

« Trash Track»  in MIT SENSEable City Lab [en ligne] senseable.mit.edu/trashtrack/ (vérifié le 29/07/2009).

Bruno Latour. Reassembling the Social- An Introduction to Actor-Network-Theory. Oxford University Press, 2005.

Illustration :

Visualisation des données obtenues à l’occasion d’une première expérimentation à Seattle, suivant les déchets d’un Starbuck. Sources : www.trashtrack.info/

Morph concept – Nokia

Mardi 28 juillet 2009

Nous évoquions récemment la difficulté à juger de la réalité de certaines applications, présentées sous la forme de démonstration, et avions assumé un « principe de crédulité»  dans le cadre d’une réflexion sur l’imaginaire qu’elles véhiculent à travers les usages proposés. Nokia Research Center (NRC), qui a, dans le domaine, été l’un des leader de ce type de docu-fiction, serait-il en train de lancer une nouvelle mode : celle de la fiction parfaitement assumée, comme l’indique cette vidéo de démonstration, qui n’empêche pas pour autant d’habilement communiquer sur l’horizon de certaines recherches, ici en collaboration avec the Cambridge Nanoscience Centre (United Kingdom) autour du Morph concept. Présenté initialement dans l’exposition – décidément importante – Design and The Elastic Mind (24 février – 12 mai 2008, MoMA, New York, voir ici la page consacrée au projet sur le site de l’exposition), on y retrouve tous les ingrédients de l’actuel cocktail gagnant : le recours à des technologies hybrides (a) (nanotechnologies, nouveaux matériaux, etc.) aussi transparentes (b) et respectueuses de l’environnement que possibles (c) orientées vers une palette d’usages quotidiens (d).

Sources :

« The Morph concept»  in Nokia.com. [en ligne]. www.nokia.com/about-nokia/research/demos/the-morph-concept (vérifié le 28/07/09)

« Design and the Elastic Mind» . in Moma.org. [en ligne]. www.moma.org/interactives/exhibitions/2008/elasticmind/ (vérifié le 28/07/09)

« Nokia Morph Concept (long) in Youtube.com. [en ligne] www.youtube.com/watch?v=IX-gTobCJHs (vérifié le 28/07/09)

« Ces technologies qui permettent de découvrir autrement le patrimoine»  (Le Figaro)

Mardi 28 juillet 2009

Un article d’Éric Biétry-Rivierre paru dans le Figaro.fr du 27 juillet 2009, mentionne divers projets de réalité augmentée dans le domaine du patrimoine, dont le télescope de réalité augmentée :

Les nouvelles technologies ont envahi les lieux de découverte des sciences et des techniques comme le Futuroscope de Poitiers ou la Cité de la Villette à Paris. C’est maintenant au tour des musées d’archéologie, d’antiquités, de peintures anciennes et aux sites historiques de s’équiper. Certes, les budgets nécessaires sont encore coûteux mais les systèmes qui permettent d’offrir au public une visite mille fois plus passionnante qu’avant existent. Avec eux, c’en est fini des salles aux parquets qui craquent et des monuments certes vénérables, mais aux trois quarts en ruine. Internet, la 3D et l’imagerie de synthèse offrent des immersions virtuelles quasi parfaites dès lors qu’elles se basent sur la recherche scientifique et sont encadrées par des historiens. [Lire la suite]

Sources :

BIETRY-RIVIERRE, Éric. « Ces technologies qui permettent de découvrir autrement le patrimoine»  in Le Figaro.fr. [en ligne] www.lefigaro.fr/culture/2009/07/27/03004-20090727ARTFIG00225-ces-technologies-qui-permettent-de-decouvrir-autrement-le-patrimoine-.php (vérifié le 28/07/2009)

Pachube & SketchUp : plug in realtime sensor & environment data

Lundi 27 juillet 2009

Pachube2SketchUp: plug in realtime sensor & environment data from Pachube on Vimeo.

Nous avions évoqué ici le projet Pachube, un service permettant de se connecter à des capteurs associés à des objets, dispositifs, architectures, etc., les données relatives à l’environnement – dans toutes ses dimensions – pouvant être ainsi partagées en temps réel.

Un plug in pour Sketch up a été développé. Il permet ainsi d’associer des données environnementales à de la donnée 3D, et d’entrevoir de nombreuses utilisations combinant représentations de données physiques visibles (bâtiments, etc.) et données physiques non visibles (déperdition d’énergie, représentation de champs électromagnétiques, cartographie sonore, etc.).

Renouvellement des outils d’enseignement de la géographie ?

Mercredi 22 juillet 2009

Relayée par le blog Digital Urban, voici une application montrée à NECC 2009 et appelée Stratalogica, que NYSTROM va commercialiser à partir de septembre 2009. Elle utilise la Google Maps API Premier, et se présente comme un outil cartographique pour l’enseignement scolaire. Le professeur ou l’élève pourra ainsi zoomer, changer de point de vue, afficher différents layer, bref, toutes ces manipulations que la carte physique classique ne peut faire et que la plupart ont parfaitement intégré (carte dynamique). Il est vrai que certains développements de qualité (Cf. Crise du Darfour sur Google Earth, Gestion de catastrophe) le laissait présager. Voici un extrait du communiqué de presse :


StrataLogica allows users to compare and contrast high resolution, age-appropriate map and globe views — side by side — on a computer screen, projection screen, or interactive whiteboard. Using the dual-map viewer, teachers and students can overlay any Nystrom reference map, thematic map, or Google Earth API view on one side of the screen while simultaneously overlaying a different layer on the other side. This flexibility stimulates classroom discussion and naturally develops critical thinking about a variety of relationships:

– Population
– Climate
– Time zones
– Rainfall
– U.S. history
– World history
– Land use
– Physical & political features
– Growing seasons
– Temperature

« Never before could a teacher conveniently display two custom views of maps or globes side by side for the entire class to see. Now they can do it with the touch of a finger or click of a mouse, and the content is both crystal clear and interactive. What’s more, users can synch views on the split screen, allowing for geo-referenced comparisons using StrataLogica’s vast selection of layers. Using the Google Maps API Premier(TM) to help deliver Nystrom’s exclusive content has truly made this a groundbreaking product that schools will benefit from for years,»  says Don Rescigno, Director of Marketing at Herff Jones Education Division.

Sources :
« Google Earth API Premier: New Classroom Geography»  in Digital Urban. [en ligne] digitalurban.blogspot.com/2009/07/google-earth-api-premiere-new-classroom.html
« NYSTOM Herff Jones Education Division, announces StrataLogica™ powered by Google Maps API Premier™ in NYSTROM. [en ligne].
www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=3&url=http%3A%2F%2Fwww.nystromnet.com%2Finformation%2FPDF%2FStrataLogicaPR.pdf&ei=YT5nSt-iKIeH_Aagy_nADg&usg=AFQjCNEkuYcjwEAmXaAtq6H_L8qPHQj0HQ&sig2=N5pdxqhpDB6vcWEXL7DtKw

« Voxelia modélise l’espace en 3 D pour mieux appréhender les situations complexes»  (En direct)

Jeudi 16 juillet 2009

Le Journal de la recherche et du transfert En direct publie dans son numéro 225 (Juillet 2009) un article mentionnant le projet Voxelia pour la gestion d’événements divers (aménagements, risques, flux) à travers l’utilisation d’une simulation 3D et de systèmes multi-agents  :

Génie logiciel et Systèmes multi-agents se combinent pour proposer une solution de simulation, en 3D, d’agents virtuels dans un environnement donné. Cet outil d’aide à la décision élaboré en partenariat avec le laboratoire SeT — Systèmes et transports — de l’université de technologie de Belfort – Montbéliard sera commercialisé par une spin-off dont la naissance est programmée en octobre.

Le projet Voxelia est né avec la plate-forme de réalité virtuelle du laboratoire SeT installée à Belfort. « Même si elle n’a pas de réelle implication sur la technologie en cours de transfert, elle intervient en tant qu’outil », explique Nicolas Gaud, maître de conférences associé au projet. « Elle nous permet de travailler sur la simulation en environnement urbain virtuel, puisqu’on se sert de maquettes numériques là où les scenarii en cas réels ne peuvent être testés ». [lire la suite]


Sources :

« Voxelia modélise l’espace en 3 D pour mieux appréhender les situations complexes»  in En direct. [en ligne]. endirect.univ-fcomte.fr/index.php?id=numero_98_13_1&art=1086 (vérifié le 16 juillet 2009)

« Réalité augmentée, le nouvel eldorado des smartphones»  (FredCavazza.net)

Mercredi 15 juillet 2009

Voici un état de l’art de Fred Cavazza sur les prototypes d’application de réalité augmentée sur mobile. La bataille de communication ne fait que commencer entre les projets Layar (évoqué ci-dessous), Nearest Tube d’Acrossair, Wikitude, Twittaround et Augmented ID de The Astonishing Tribe (TAT) dont les applications permettraient de trouver un appartement à acheter, repérer le métro le plus proche, créer des géo-tags, visualiser les tweets publiés dans un lieu donné, établir l’identité d’une personne. Applications à l’intérêt variable et dont l’utilisabilité reste évidemment à prouver – on élude ainsi pour l’instant la question de la consommation en énergie de telles applications recourant notamment en simultané à la vidéo et au GPS. Mais prometteuses quant à leur possibles appropriations ou détournements, et intéressantes dans leur faculté à transformer l’espace physique environnant en un potentiel réservoir d’informations numériques, ouvrant vers les pratiques du world browsing et du face scanning, les humains et non-humains devenant de façon équivalente supports d’informations potentiellement disponibles (s’il on est évidemment équipé). Belle occasion de nourrir une réflexion sur une écologie informationnelle.

Fred Cavazza introduit ainsi son article :

J’ai comme l’impression que les applications tournant autour de la réalité augmentée sur des terminaux mobiles sont en train d’exploser. Vous connaissiez déjà les audioguides (largement répandus dans les musées), mais avec l’arrivée sur le marché de smartphones équipés de puces GPS et de compas électronique, le marché risque bien de s’envoler. [lire la  suite de l'article]

Sources :

CAVAZZA, Fred. « La réalité augmentée, le nouvel eldorado des smartphones»  in FredCavazza.net [en ligne] www.fredcavazza.net/2009/07/14/realite-augmentee-le-nouvel-eldorado-des-smartphones/

Illustration : « TAT Augmented ID»  in Youtube.

Layar, réalité augmentée sur mobile

Jeudi 9 juillet 2009

Layar annonce avoir développé une application de réalité augmentée sur mobile, en vue d’usages relevant de la vie quotidienne (loisirs, immobilier, etc.) :

The World’s First Augmented Reality Browser. Layar is a free application on your mobile phone which shows what is around you by displaying real time digital information on top of reality through the camera of your mobile phone.
Layar is available for the T-Mobile G1, HTC Magic and other Android phones in Android Market for the Netherlands. Other countries will be added later. Planned roll-out dates for other countries  are not known yet.

Info ou intox ?

Sources :

Layar. [en ligne] layar.com/ (vérifié le 09/07/2009)

« Siren Shields»  – Exposition de HeHe, du 22 juin au 18 juillet à Ars Longa, Paris

Mercredi 1 juillet 2009

SIRENE_prototype-geneve-novembre-2008

Une exposition du collectif HeHe tentant de renverser la logique de surveillance communément attribuée aux forces de police, notamment en mettant au point un dispositif permettant de déclencher l’enregistrement d’images vidéos lors de la reconnaissance des sons produit par des sirènes de police:

Prenant le contre-pied des représentations symboliques de la police dans notre société, le duo HeHe (Helen Evans et Heiko Hansen) présente à Ars Longa un dispositif alliant radar de contrôle inversé et ballet de sirènes, télévision sous contrôle et gyrophare géant.

Non sans humour, c’est en observateur averti que le collectif redistribue les rôles en donnant au citoyen la possibilité de générer de nouveaux modes d’appropriation, que ce soit dans un espace public, devant un écran, ou une exposition.

L’exposition “Siren Shields” prend comme point de départ la création d’un logiciel libre permettant l’enregistrement de sons de sirènes, Siren Shield v1 2009, fruit de la résidence 2008 d’Helen Evans et Heiko Hansen à Ars Longa.
Depuis plusieurs années, le collectif développe une pratique artistique pluridisciplinaire centrée sur les enjeux sociaux et écologiques contemporains, plaçant toujours le spectateur au cœur de ses préoccupations.

Dans le cadre de l’exposition : une conférence aujourd’hui (19h à Ars Longa) d’Anne Zeitz sur le thème « Surveillance et contre-surveillance»  en présence de HeHe.

Sources:

« Siren Shields»  in Ars Longa [en ligne]. www.arslonga.fr/archives/1324 (vérifié le 01/07/2009)

Illustration:

HeHe. Prototype Genève. Novembre 2008