
Présentation hier par Valérie Châtelet, coordinatrice de l’ouvrage Interactive cities (anomalie_digital arts n°6) des projets urbains de Hehe et de la start-up Xilabs à l’Espace Ricard, dans le cadre des soirées « Le lundi, c’est théorie» , après une introduction qui fut l’occasion de mettre en perspective les démarches et de repréciser les termes flash mobs, smart mobs, pervasive game et serious game.
Au-delà des différences, nous retiendrons la volonté commune, dans certains de leurs projets, de rendre compte de données environnementales pas ou peu visibles.
Le collectif Hehe, constitué d’Helen Evans et d’Heiko Hansen, évoluent dans ce que l’on peu appelé le design d’espace et d’objet. Si leur Light Brix (2001) et leur Smoking Lamp (2005) avaient pu attiser la curiosité des visiteurs lors de leur participation à une exposition collective organisée par la galerie numeriscausa, ils semblent plus récemment s’être orientés vers ce que Eyebeam nomme l’» ecovisualization design« , tendance qui recherche à matérialiser, à rendre visible certains phénomènes tels que la pollution sonore ou chimique, la consommation d’énergie électrique, etc., à rapprocher de ce qui a pu être montré à l’exposition So Watt ! à l’Espace Electra en 2007. Ainsi en est-il des projets Nuage Vert (2003), Champs d’Ozone (2007) et Air de Londres (2007) qui tentent, par la couleur, de donner corps à un nuage de fumée émanant d’une cheminée d’usine comme à la pollution. On appréciera le « politiquement incorrect» de certaines propositions – qui tranchent avec le sérieux de la séance organisé par Eyebeam lors du Conflux festival 2007 – dont l’humour teinté de cynisme ne manque pas de nous provoquer joyeusement (voir Toy emissions).
Ivo Flammer a présenté Xilabs, une jeune start-up créée en 2007 qui développe et réalise des jeux pervasifs. Ces nouvelles pratiques ludiques recourant aux nouvelles technologies mobiles mixent réalité physique et numérique, dans la filiation d’expérimentations initiées par Blast Theory (Can You See Me Know, 2001). Deux projets ont été présentés : l’un intitulé Je chante pour toi, l’autre City Pulse, soutenu par la FING. Ce dernier s’inscrit dans la brèche ouverte par le projet Biomapping. Xilabs souhaite dans une première étape mettre une trentaine de bracelets à la disposition d’usagers dans la ville. Ces dispositifs portatifs en cours de développement pourront mesurer des données personnelles comme par exemple, le rythme cardiaque, ainsi que des données externes (pollution sonore et qualité de l’air).
Légende de l’image ci-dessus : « De gauche à droite, d’après la qualité de l’air relevée à Cergy-Pontoise, le 3 janvier 2006, 12 h, 8µg/m3 d’ozone (bleu), à Saint Martin du Tertre, le 15 mars 2005, 12h, 75µg/m3 d’ozone (vert), à Paris 18ème, le 26 juillet 2006, 12h, 172µg/m3 d’ozone (orange), à Tremblay-en-France, le 11 août 1998, 16h, 340µg/m3 d’ozone (rouge)» (sources : page consacrée au projet Champs d’ozone sur le site de Hehe)