Archive pour la catégorie ‘Ubiquité’

Toward the Sentient City – September 17 – November 7, 2009. New York

Mercredi 9 septembre 2009

Toward the Sentient City est une exposition organisée par le curator Mark Shepard et l’Architectural League of New York. Voir notamment la rubrique « Archives« , qui recense de la documentation vidéo à propos de projets en relation avec la thématique abordée.

TOWARD THE SENTIENT CITY

An exhibition critically exploring the evolving relationship between ubiquitous computing, architecture, and urban space

Curated by Mark Shepard and organized by the Architectural League of New York
September 17–November 7, 2009

http://www.sentientcity.net

Opening reception
Thurday, September 17, 2009
6:00–9:00 p.m.
457 Madison Avenue
New York City

As computing leaves the desktop and spills out onto the sidewalks, streets, and public spaces of the world around us, we increasingly find information processing capacity embedded within and distributed throughout the material fabric of everday urban space. Artifacts and systems we interact with on a daily basis collect, store, and process information about us, or are activated by our movements and transactions. Ubiquitous computing evangelists herald a coming age of urban infrastructure capable of sensing and responding to the events and activities transpiring around them. Imbued with the capacity to remember, correlate and anticipate, this near-future “sentient” city is envisioned as being capable of reflexively monitoring its environment and our behavior within it, becoming an active agent in the organization of everyday life in urban public space.

Toward the Sentient City explores alternate trajectories for the design and inhabitation of this near-future urban environment. Organized around five newly commissioned projects distributed throughout the city, the exhibition features:

Too Smart City
JooYoun Paek, David Jimison

Amphibious Architecture
Living Architecture Lab (David Benjamin and Soo-in Yang), xdesign
Environmental Health Clinic (Natalie Jeremijenko)

Natural Fuse
Usman Haque, Nitipak Samsen, Ai Hasegawa, Cesar Harada, Barbara Jasinowicz

Trash Track
SENSEable City Laboratory, MIT

Breakout!
Anthony Townsend (Institute for the Future), Georgia Borden, Amanda Kross, Jung Hoon Kim, Antonina Simeti (DEGW), Dana Spiegel (NYC wireless), Laura Forlano (Parsons The New School for Design), Tony Bacigalupo (New Work City), Sean Savage (PariSoMa), Elysse Preposi (Sarah Lawrence College)

For more information, visit www.sentientcity.net or (beginning September 18) the Sentient City Hub:

The Urban Center
457 Madison Avenue
New York City
Monday–Saturday (Closed Thursday), 11 a.m.– 5 p.m.

Toward the Sentient City was made possible by the J. Clawson Mills Fund of the Architectural League and the Graham Foundation for Advanced Studies in the Fine Arts. Additional support has been provided by the Department of Architecture, School of Architecture and Planning and the Department of Media Study, College of Arts and Sciences at the University of Buffalo.

League programs are also supported by the National Endowment for the Arts; the New York State Council on the Arts, a State Agency; and the New York
City Department of Cultural Affairs.


APRES COUP, Actualités de la pensée contemporaine. Valérie Chatelet invite Daniel Kaplan et Christian Tarpin

Vendredi 6 février 2009

« Après coup » propose un exercice critique de l’actualité en appui sur des événements permettant de révéler certains traits distinctifs du contemporain.A partir de l’ouvrage d’Adam Greenfield, Every[ware], Valérie Chatelet invite Daniel Kaplan et Christian Tarpin à examiner les réflexions et les questions posés par l’ubimédia dans l’évolution des villes.
Alors que le « u » d’ubiquité rejoint le « e » et le « i » dans la liste des préfixes qui désignent les derniers produits et services à la mode, les implications de l’informatique diffuse (ubiquitous computing) présentent à la fois les opportunités et les risques d’un futur où la communication machine to machine se développe, où les technologies infiltrent et recomposent nos environnements et où les choix personnels, les libertés individuelles mais aussi le bien-être sont confrontés à des menaces inédites.

Sources :

APRES COUP, Actualités de la pensée contemporaine. in Fondation d’Entreprise Ricard. [en ligne] www.fondation-entreprise-ricard.com/conferences/autres/conf/apres_coup_0209/ (vérifié le 05/02/2009)

Telectroscope de Paul St George

Mercredi 4 juin 2008

Figure 1 : Paul St George, Telectroscope, 2008

Annoncé dans la presse française comme le « Tunnel sous l’Atlantique»  – ce qui n’est pas sans jouer la confusion avec le dispositif éponyme de Maurice Benayoun, réalisé il y a plus de dix ans (1995), expérience de télévirtualité qui recourait à la téléprésence et navigation dans une univers 3D de part et d’autre de l’Atlantique, entre Paris et Montréal- cette réalisation venue fêter l’anniversaire de la réalisation du pont de Brooklyn, à New York, met en relation cette ville de la côte Est des Etats-Unis et celle de Londres, à l’aide de la technologie de la téléprésence, du 22 mai au 15 juin 2008.

Voir le site de l’artiste Paul St George pour plus d’informations

La comparaison entre les deux dispositifs est riche en informations : alors qu’il s’agissait, pour la première, de questionner la mémoire culturelle collective et de mettre en scène la rencontre après plusieurs jours de creusement collectif (posant inévitablement la question : qu’est ce que / comment / pourquoi la rencontre entre deux communautés ?), la deuxième proposition est à considérer comme l’opportunité, pour le grand public, d’apercevoir le futur proche de nouveaux usages, bref, un avant-goût d’une technologie, la téléprésence, qui va vraisemblablement se généraliser sous peu – et, a fortiori, d’abord dans le monde du travail – en raison de l’amélioration du réseau Internet en terme de débit (voir le mur de téléprésence développé par France Télécom, dont le studio créatif pariait sur une inscription de cette technologie au cœur de nos domiciles – domotique, au Salon Européen de la Recherche et de l’Innovation à Paris 2005; et le projet Sebastian sur le site de Cap Digital). Deux pratiques qui ne sont pas à opposer, et qui ont chacune leur validité, mais pas nécessairement, il nous semble, dans le même champ artistique.

Figure 2 : Paul St George, Telectroscope, New York, 2008

Figure 3 : Paul St George, Telectroscope, 2008

Figure 4 : Maurice Benayoun, Tunnel sous l’Atlantique, 1995

Mentionnons enfin, et pour mémoire, le projet Hole in space (1980) de Kit Galloway et Sherrie Rabinovitch, qui, parce qu’il recourait à la visioconférence en milieu urbain, anticipait sur ce genre de pratique.

Sources :

The Telectroscope. In : Tiscali [en ligne]. www.tiscali.co.uk/telectroscope/home.php

The Tunnel Under The Atlantic. In : Wikipedia [en ligne]. en.wikipedia.org/wiki/Tunnel_under_the_Atlantic

Le site du Jour. In : Liberation [en ligne]. www.liberation.fr/sitesdujour/328470.FR.php

Hole in Space. In Electronic Cafe [en ligne] www.ecafe.com/getty/HIS/

“Mobile-Immobile”, journée d’étude le mercredi 14 mai 2008

Mardi 13 mai 2008

“Mobile-Immobile”, journée d’étude le mercredi 14 mai 2008

Dans le contexte du programme de recherche “Formes de la mobilité” et dans la perspective du colloque “Mobilisable” de novembre 2008 (en collaboration avec le Cycle supérieur de recherche, création et innovation de l’Ensad), l’équipe Esthétique des nouveaux médias (EdNM-EA 4010) organise une deuxième journée d’étude à l’Université Paris 8, salle A1-172, le mercredi 14 mai 2008, de 11h30 à 18h00, sur le thème “Mobile-Immobile”. Cette journée est ouverte à tous.

Liste des interventions

11h 30 : Marina Bakic, “Distances Digitales”

12h 15 : Jean-Louis Boissier, “Mobilisable”

12h 45 : Caroline Chick, “Arrêt in vivo, immobilité et fixité”

14h 30 : Dominique Cunin et Mayumi Okura, “Ubiquité dans la ville”

15h 15 : Jean-Michel Géridan, “Drifting et pseudo-déplacements”

16h 00 : Jean-Noël Lafargue, “Vous êtes ici”

16h 45 : Christophe Leclercq, “Territoire augmentée : les pratiques de mashup cartographique, entre représentations et mises en fiction du territoire”

17h 30 : Gwenola Wagon, “Des films vus du ciel”

Sources : “Mobile-Immobile”, journée d’étude le mercredi 14 mai 2008. In : Formes de mobilités, Site du programme “Formes de la mobilité” de l’équipe de recherche Esthétique des nouveaux médias, Université Paris 8 [en ligne]. http://www.arpla.univ-paris8.fr/~canal20/ednm/?p=3 {vérifié le 13/05/2008}

Cherry Blossoms – When war comes home

Lundi 5 mai 2008

Le projet Cherry Blossoms (2007) d’Alyssa Wright (Illustration 1 et 3) témoigne, avec le projet « Dead in Irak » de Joseph Delappe, d’un certain activisme outre-atlantique consistant à déplacer le monde de la guerre là où on ne l’attend pas, en faisant entrer en collision le quotidien des civils irakien vivant à Bagdad avec l’univers du promeneur dans la ville de Boston, aux Etats-Unis, pour le premier, et avec l’univers des jeux vidéos pour le second.

S’inspirant d’un mashup cartographique de l’artiste Paula Levine (Illustration 2) superposant la carte de Bagdad à celle de San Francisco – et qui n’est pas sans rappeler certaines expériences de dérives situationnistes – Alissa Wright amplifie l’impact du rapprochement des réalités irakiennes et américaines en inscrivant, à Boston, des événements – explosion d’un sac à dos rempli de confettis quand le marcheur rencontre dans son parcours la localisation relative d’un décès (par GPS) suite à un attentat recensé par les informations – dans la marche du visiteur, proposant ainsi une singulière expérience d’ubiquité et d’empathie. Elle espère par là même donner aux citoyens américains une idée plus juste d’une réalité qu’ils sous-estiment – en raison d’un certain contrôle médiatique – à savoir celle des victimes civiles de la seconde guerre du Golfe à Bagdad. Voici ci-dessous la note d’intention de l’artiste ainsi qu’une description du projet :

According to an AP-Ipsos poll conducted in February 2007, Americans greatly underestimate the number of Iraqi civilians killed in the war. While the U.N. Assistance Mission for Iraq reports more than 34,000 deaths in 2006 alone, and a recent John Hopkins study estimates over 650,000 civilian causalities between March 2003 and July 2006, the median estimate by Americans is 9,890. Margot Norris explains the discrepancy between public perception and body count data as the result of de facto practices by the Pentagon. By restricting press access to the suffering, the government systematically obscures public knowledge, which in turn blocks affect, empathy, and protest. The moral and political defeat in Vietnam helped usher in the illusion that human loss is irrelevant to military success.

Cherry Blossoms addresses the disparity between human suffering and perception of that suffering. The project starts in a backpack outfitted with a small microcontroller and a GPS unit. Recent news of bombings in Iraq are downloaded to the unit every night, and their relative location, to the center of the city, are superimposed on a map of Boston. If the wearer walks in a space in Boston that correlates to a site of violence in Baghdad, the backpack detonates and releases a compressed air cloud of confetti, looking like a mixture between smoke and shrapnel and the white blossoms of a cherry tree, completely engulfing the wearer. Each piece of confetti is inscribed with the name of a civilian who died in the war, and the circumstances of their death. With Cherry Blossoms human loss resonates beyond the boundary of conflict.

Sources :

WRIGHT, Alissa. Cherry Blossoms. In : The Media Lab [en ligne]. 2007. web.media.mit.edu/~alyssa/cherry.html

CSIK. Cherry Blossom. In : The Media Lab [en ligne]. 2007. web.media.mit.edu/~csik/edgy/?p=25

DELAPPE, John. Dead in Irak. In University of Nevada, Reno [en ligne]. 2006- ongoing www.unr.edu/art/delappe/DeLappe%20Main%20Page/DeLappe%20Online%20MAIN.html

Illustrations 1 et 3 : captures d’écran du site Cherry Blossoms d’Alissa Wright.

Illustration 2 : capture d’écran de Baghdad San Francisco de Paula Levine.

Songdo ou la ville de l’ubiquité : sécurité, transparence et disponibilité

Mercredi 14 novembre 2007

Nous entendons généralement dire que le Japon et la Corée nous devancent dans le domaine de l’innovation technologique, le développement de certains projets nous semblant parfois relever de la science-fiction. Songdo, qui se présente comme le modèle de la ville connectée, fait partie de ces projets. Alors que l’on s’interroge en Europe sur la perte de l’intimité liée au développement des technologies numériques – voir à ce sujet le festival Ars Electronica 2007, « Goodbye Privacy»  – l’industrie privée coréenne, qui finance entièrement le projet, nous promet un univers orwelien certes localisé, mais à très court terme (2014 !). Sa réalisation effective comme l’engouement pour le projet (tous les appartements aient trouvé un acquéreur) nous obligent à considérer sérieusement ce qui se présente d’ores et déjà comme un modèle de la ville du futur.

Le discours – et notamment le discours de séduction adressé aux cadres, public-cible de ce projet – qui accompagne la construction de Songdo est particulièrement révélateur d’une certaine vision du monde dans laquelle les thèmes de la sécurité, de la transparence et de la disponibilité occupent une place prédominante. Sécurité de l’individu (personnes âgées, enfants) et de la propriété privée, et ce dès à présent puisque les investisseurs ont notamment les moyens d’être « rassurés»  par la visualisation, via des webcams, de la progression du chantier.

Les promoteurs de Songdo la présentent comme la première ville de l’ubiquité – ou « U-city» , c’est-à-dire une ville dans laquelle les réseaux de communication numériques donnent la possibilité de se déplacer « mentalement»  n’importe où dans la ville. Car la ville de l’ubiquité est avant tout celle de la mobilité. Songdo devrait ainsi être la première ville dans laquelle la mobilité numérique ou mobilité mentale (par exemple par la téléprésence) vient – de façon planifiée et massive – compléter les possibilités de mobilité physique (transport férrovière, routier, aérien) que connaissent déjà très bien les hommes d’affaire visés par le projet. Comme étude de cas, le théoricien des médias McLuhan aurait évidemment apprécié.

Les technologies numériques sont pensées comme le moyen de parvenir à ces phénomènes de mobilité mentale : caméra de vidéosurveillance, téléprésence (vidéoconférence avec ses voisins par exemple ; ou possibilité d’organiser une réunion à distance et à domicile); tracking (possibilité de suivre ses enfants à distance en visualisant leur parcours, par exemple au retour de l’école), système de capteurs au sol (possibilité, pour les personnes âgées et en cas de détection de chute, de prévenir automatiquement les services d’urgence). L’écran devenant, dans l’ensemble de ces dispositifs, le médiateur privilégié entre l’habitant et la ville, comme entre les habitants eux-mêmes.

L’urbanisme de la ville est également révélateur d’un autre phénomène complémentaire : celui de l’imitation. Le « master plan»  nous présente un patchwork de « ce qui se fait de mieux au monde»  : un Central Park comme à New York, etc., confirmant les premiers recensements du genre présentés dans le catalogue de l’exposition Mutations de Rem Koolhaas. Ce phénomène urbain est particulièrement représentatif d’une certaine fascination – qui s’exprime avec plus d’acuité dans le monde asiatique – pour le modèle de la ville-monde, comme Las Vegas peut en être la caricature. Démarche représentative de ces nouvelles villes ou de ces nouveaux quartiers émergents ex-nihilo qui tente de combler un déficit d’histoire par des emprunts divers – les canaux de Venise, la Tour Eiffel à une échelle réduite, etc. – ayant par ailleurs « fait leurs preuves»  dans un contexte déterminé. Car après tout, si je peux me projeter mentalement, et à distance, dans un autre lieu situé dans une autre partie du monde, pourquoi ne pas ramener à moi, par la copie ce même lieu. La question de la disponibilité des lieux rejoint alors celle des personnes.

Omniprésence de l’écran et phénomène de la copie généralisé : le modèle de Songdo semble confirmer les constats et prédictions de Marc Augé, qui, dans la Guerre des rêves (1997), commençait à pointer le phénomène de « fictionnalisation du réel»  à l’oeuvre dans ce qu’il appelait des « bulles d’immanence» .

C.L

PS : nous pouvons relever des éléments de résistance à l’encontre de ce modèle de la ville connectée, dans l’article de Jean-Marc Manach, paru dans Le Monde (édition du 18/11/2007) et intitulé Petits trucs pour tenter de préserver son « droit à la déconnexion»