Archive pour la catégorie ‘Google Earth/Maps’

Dossier Ludigo « Lorsque la carte géographique rencontre la carte des données» 

Mercredi 16 décembre 2009

Jean-Christophe Plantin (qui a, lors de son master à l’Université Paris 8, suivi le projet Montre Verte) a coordonné le dernier dossier consacré au sujet suivant : « Lorsque la carte géographique rencontre la carte des données« . Il s’intéresse à la convergence de deux bases de données informationnelles : une base de données géospatiales (cartes géographiques numériques) et une base de données géoréférencées.

Sources :

Jean-Christophe Plantin. « Lorsque la carte géographique rencontre la carte des données»  in Ludigo. Dossiers. www.ludigo.net/index.php?rub=4&dossier=3&focus=212864&fsize=2 (vérifié le 16/12/2009).

European Sound Delta (2008)

Jeudi 12 novembre 2009

European_sound_delta

Projet européennement correct:

European Sound Delta est une résidence artistique itinérante qui s’est déroulée pendant l’été 2008 : deux bateaux ont remonté simultanément le Rhin et le Danube depuis la Mer du Nord et la Mer Noire pour finir par se rejoindre à Strasbourg. A bord et dans chacune des villes-étapes, trente artistes internationaux ont été invités à enregistrer leur environnement sonore (field recordings, interviews, sphère électromagnétique, subaquatique…) et à se servir de ces matériaux mis en commun pour composer et produire des concerts tout au long des parcours.
A l’arrivée de ce périple, un salon d’écoute flottant explore cet archipel de créations : embarqué sur un bateau-mouche spécialement aménagé (la bulle abritte 3000Watts en quadriphonie), on découvre les pièces réalisées à bord par les résidents mais aussi les paysages imaginés par une dizaine de compositeurs invités. Chacune de ces sept croisières sonores panoramiques est ponctuée par un live. Au même moment, sur le site des Nuits Electroniques de l’Ososphère, l’installation Mirror Ball dévoile les images de la double traversée…
Longue croisière vibratoire de près de 3 mois, ESD s’achève en résonance finale avec les ondes soniques et aquatiques de Strasbourg : L’Ososphère sur L’Ill.

Sources:

European Sound Delta [en ligne] www.sound-delta.eu/

The Promised Land de Dan Meth (2009)

Mardi 10 novembre 2009

Relayé par Digital Urban, The Promised Land (2009) de Dan Meth est une appropriation de Google Street View dans laquelle l’auteur accélère le rythme de défilement des photographies utilisées dans ce service pour illustrer avec humour ce que pourrait être l’expérience contemporaine d’un road trip, médié par les nouvelles technologies et leurs nouveaux services. Proche dans son esprit du projet de Justin Kemp que nous avions recensé dans notre exposition en ligne Net artistes face aux services de cartographie Web.

The Promised Land from Dan Meth on Vimeo.

Dan Meth a également réalisé une « animation»  Google Street View Guys»  à partir du matériel visuel de Google Street View

Google Building Maker

Mercredi 14 octobre 2009

Nouvel épisode de l’économie de la participation version Google. Ou pourquoi se casser la tête quand on peut retirer les bénéfices d’un travail que l’on a fait faire gratuitement par les internautes :

We like to think of Building Maker as a cross between Google Maps and a gigantic bin of building blocks. Basically, you pick a building and construct a model of it using aerial photos and simple 3D shapes – both of which we provide. When you’re done, we take a look at your model. If it looks right, and if a better model doesn’t already exist, we add it to the 3D Buildings layer in Google Earth. You can make a whole building in a few minutes.

Comme le dit la vidéo : tellement « Fun, easy» …

Sources :

« Introducting Google Building Maker»  in The Official Google Blog [en ligne] http://googleblog.blogspot.com/2009/10/introducing-google-building-maker.html (vérifié le 14/10/2009)

« Augmenting Aerial Earth Maps with Dynamic Informations From Videos» 

Mardi 13 octobre 2009

Si la version 1.0 de la carte pouvait être celle d’une carte statique, la 2.0, celle d’une carte contributive permettant de disposer de nombreuses couches d’informations, préparez-vous à la carte animée 3.0 intégrant des informations dynamiques en temps réel comme des enregistrements vidéos (un match de foot lors duquel nous pourrions décider de l’emplacement de notre caméra/point de vue), ou la restitution en 3D d’un trafic routier ou de la météo. Bientôt, un tsunami comme celui au Samoa pourra être regardé directement dans Google Earth, quelle chance (sauf pour les actionnaires de TF1) ! Ne nous rapprocherions-nous pas tranquillement du projet de carte-territoire E-Corce ? Allez, Google ! Encore un effort ! Au fait, qui prévient entre-temps Virilio ?

Coïncidence amusante (ou pas, c’est selon), cette annonce intervient au moment où la Grande-Bretagne se lance avec Internet Eyes dans un Big Brother (l’émission, pas le bouquin dont il s’inspire cependant !) à durée indéterminée, en invitant quiconque disposant d’une connexion Internet de par le monde à participer à un jeu de vidéosurveillance (lire l’article paru dans Le Monde). Le principe est simple : si je visualise un délit, je préviens la police et gagne des points en conséquence des services rendus. « Instant Crime Stopper» , comme il se dénomme. Pas sûr en tout cas que le serious game enchante Martin de Le Chevallier qui, avec son « jeu de surveillance»  Vigilance 1.0, proposait sur un mode comique et critique d’adopter la même attitude (télécharger le jeu ici à partir de la page dédiée au projet). Il est vrai que le glissement entre la télé-réalité et l’exercise d’un « voyeurisme citoyen»  -un nouveau concept hybride et donc bizarre de notre hypermodernité, possiblement porteur- s’opère en douceur, sans grande résistance tant on a fait de l’observation de la vie d’un troupeau d’individus dans un bocal une chose banale parce que quotidienne.

A croire que les concepteurs du « jeu»  (on a quand même du mal à l’écrire) ont pris acte de la critique du fantasme de vidéosurveillance totale mené par Latour dans Paris Ville Invisible, quand ce dernier pointait l’insuffisance des moyens humains policiers (humain, trop humain) face à la mosaïque d’écrans dans le QG de la Préfecture de Police. Cette surveillance distribuée d’obédience benthamienne nous annoncerait-t-elle l’émergence d’une ville-panoptique, vécue dès lors comme une prison ?  Rassurons-nous, dans un avenir relativement proche, de nouvelles caméras dites « intelligentes»  bénéficieront des dernières recherches en analyse d’images et, grâce à l’automatisation de la reconnaissance de formes, il sera de nouveau permis aux téléspectateurs de se prélasser à nouveau, dans son fauteuil.

Sources :

Kihwan Kim, Sangmin Oh, Jeonggyu Lee and Irfan Essa. « Augmenting Aerial Earth maps with Dynamic Informations From Videos»  [en ligne] www.cc.gatech.edu/cpl/projects/augearth/augearth_ismar_reduce.pdf

Malingre, Virginie. « Caméras de surveillance : tous voyeurs, tous délateurs»  in Le Monde.fr [en ligne] www.lemonde.fr/archives/article/2009/10/10/cameras-de-surveillance-tous-voyeurs-tous-delateurs_1252130_0.html

Internet Eyes. [en ligne] interneteyes.co.uk/

Martin Le Chevallier. Vigilance 1.0 in martinlechevallier.net [en ligne] www.martinlechevallier.net/vigilance.html

Monopoly City Streets

Lundi 5 octobre 2009

Monopoly_city_street

Hasbro et Google proposent avec Monopoly City Streets de renouveler le plus célèbre des jeux de table.

IMG MGMT: The Nine Eyes of Google Street View

Mardi 25 août 2009

GMAPS_stbrieuc

On se souvient de la manière dont le service Google Street View avait été accueilli par les internautes, lors de sa mise en ligne. La présence des photos plus ou moins insolites avait alors suscité en réaction la création de blogs se donnant pour objectif de les répertorier, parfois pour critiquer l’entreprise, et comme d’accoutumé, servant en retour à Google pour corriger le tir comme avec la décision prise de flouter les visages, etc., (le « participatif à son insu» ), tout en poursuivant le travail.

L’artiste Jon Rafman a récemment publié sur Art Fag City un essai illustré dont le titre – The Nine Eyes of Google Street View -  fait référence à l’appareil photographique disposant de 9 ouvertures, utilisé par les désormais fameuses Google cars, et tente d’articuler une réflexion critique

Street View collections represent our experience of the modern world, and in particular, the tension they express between our uncaring, indifferent universe and our search for connectedness and significance. A critical analysis of Google’s depiction of experience, however, requires a critical look at Google itself. [...] This very way of recording our world, this tension between an automated camera and a human who seeks meaning, reflects our modern experience.

Il conclut ainsi sur le rôle de l’artiste/curator :

The collections of Street Views both celebrate and critique the current world. To deny Google’s power over framing our perceptions would be delusional, but the curator, in seeking out frames within these frames, reminds us of our humanity. The artist/curator, in reasserting the significance of the human gaze within Street View, recognizes the pain and disempowerment in being declared insignificant. The artist/curator challenges Google’s imperial claims and questions the company’s right to be the only one framing our cognitions and perceptions.

[Lire l'essai complet]

Sources :

John Rafman. « IMG MGMT: The Nine Eyes of Google Street View»  in Art Fag City [en ligne]. www.artfagcity.com/2009/08/12/img-mgmt-the-nine-eyes-of-google-street-view/ (vérifié le 25 août 2009)

Illustration : capture d’écran (au  aout 2009) du 20 Rue de la Vicarie, à Saint Brieuc, témoignant de la correction apportée par Google au défaut repéré dans l’une des images publiées dans l’essai.

Visualisation géospatiale avec Google Maps

Lundi 24 août 2009

Voici le powerpoint de l’atelier technique intitulé Visualisation géospatiale avec Google Maps, dirigé par Bernhard Rieder lors du colloque Hyperurbain.2 : Nouvelles cartographies, nouvelles villes ?

Controverse à propos de Google Street View

Mercredi 8 avril 2009

Nous soumettons consécutivement les éléments d’une controverse autour du service Google Street View parus en février/mars dans le magazine Libération, dans un contexte particulièrement sensible à tout ce qui touche au respect de la vie privée (cf. colloque « Identification et surveillance des individus» de la BPI).

Acte 1 :

Google Street View : vices privés et vertus publiques (13/02/2009 )

« Odile Belinga avocate, Ligue des droits de l’homme et étienne Tête conseiller régional, adjoint au maire de Lyon.

Vices privés, vertus publiques, titre d’un film du Hongrois Miklos Jancso, peut se décliner sur bien des sujets. L’opinion impose beaucoup de probité à l’Etat. Mais le niveau de la morale s’affaisse devant l’euro ou le dollar «rois». Les critères de Maastricht pour les budgets publics, Madoff, Kerviel, les folies de l’ingénierie financière pour la sphère privée… L’émotion populaire a été forte à l’encontre du fichier Edvige. La vidéosurveillance supporte la même controverse.

Côté public, les ministres de l’Intérieur successifs, les collectivités locales, recherchent la légitimité en organisant des débats, des comités d’éthique et une législation appropriée. Finalement, un rapport sénatorial rendu public en décembre concède la nécessité de «mieux protéger et informer le public» et de ne pas déléguer la vidéosurveillance publique à des personnes privées. Pour mémoire, la «vidéosurveillance n’a qu’un faible impact sur la délinquance dans les espaces complexes et étendus», notamment les places et les rues. Il est préférable d’avoir la criminalité de la France, avec très peu de caméras, que la forte criminalité de la Grande-Bretagne avec beaucoup de caméras.

Côté privé, les processus d’atteinte aux personnes se mettent sournoisement en place, via des entreprises commerciales. Avec éclat, l’affaire qui met en cause le dirigeant de Taser pour avoir espionné une personnalité politique importante, rappelle à tous qu’il y a des limites à ne pas franchir.

La création de Google Street View pose un problème de respect de l’intimité. Après avoir fait circuler des véhicules équipés de caméras numériques, l’entreprise met en ligne des images de grandes villes de France (rues, places, habitants…). L’internaute peut se déplacer dans des quartiers «comme s’il y était». Les images sont pour une part statiques, les individus ne bougent pas comme dans un film, et pour une autre dynamique, la succession des images permet d’identifier le déplacement des automobiles, des cyclistes ou des piétons. Certes, pour garantir une forme d’anonymat, un logiciel rend flous les visages et les plaques d’immatriculation. Mais le système n’est pas parfait. Des visages ne sont pas «floutés», c’est souvent le cas des gens de couleur. Il en est de même de certaines plaques. Un camionneur, dans un faubourg chaud, penché à sa fenêtre, s’adressant à une femme à la tenue d’une frivolité sans équivoque, et tout un chacun interprète qu’une heure de travail sera bien vite remplacée… Son patron aussi. Des tests montrent que les quidams connus sont reconnus. En réalité, un être n’est pas seulement distingué par son visage, une voiture n’est pas seulement identifiée par sa plaque. Des vêtements originaux caractérisent. Une voiture singulière peut être significative. La 2CV est devenue rare. Tout le monde ne doit pas être contraint d’exister en gris, pour vivre caché, pour vivre heureux. Le préjudice pour un citoyen n’est pas seulement d’être reconnaissable, il est également de penser qu’il peut l’être. Google oblige chaque individu à passer des heures à vérifier s’il n’est pas visible sur le site. La deuxième inquiétude provient de la dérive progressive. Après les images satellites, après les images de rues… il y aura demain des caméras permanentes, consultables sur Internet, qui permettront d’observer toutes les rues. Une vidéosurveillance de curiosité.

Pourquoi la société Google fait-elle cela ? Pour gagner de l’argent ! Sur le plan moral, est-il légitime de porter atteinte à l’intimité des autres pour s’enrichir ? Sur le plan juridique, le Code pénal ne réprime que l’action de fixer, enregistrer ou transmettre, sans le consentement de celle-ci, l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé. Le Code civil retient un principe général d’interdiction de publication, notamment commerciale, de l’image d’autrui sans son agrément, sauf l’unique exception qu’est le droit à l’information, équilibre entre deux droits fondamentaux garantis par la Convention européenne des droits de l’homme. En ce sens, Caroline de Monaco a fait juger par la cour de Strasbourg, contre l’Allemagne, que les Etats doivent garantir le respect de la vie privée entre personnes privées, et non pas seulement le respect de la vie privée par l’Etat lui-même. L’avantage commercial s’efface devant l’intérêt du respect de la vie privée. Les maires, par arrêté municipal, peuvent encore interdire toute activité de commerce sur le domaine public. L’application immédiate de la loi de 1995 sur la vidéosurveillance à la situation de Google Street View ? Il importe peu que les images soient diffusées de manière différée par rapport à la prise de vues, ou que l’objectif soit commercial ou de surveillance… et il importe peu que le mode de transmission soit en 24 images secondes ou moins. En revanche, si l’interprétation de la loi donnée par le Conseil constitutionnel est claire, toute vidéo privée de, et sur, l’espace public est interdite, les services du ministère de l’Intérieur ont une position plus nuancée.

Pourquoi la société Google risque-t-elle de violer la loi ? Parce que son activité est borderline ? Parce que le juge pénal sera hésitant devant une loi mal écrite ? Tout simplement, elle sait qu’en droit français, la législation est construite au profit du plus fort contre le plus faible. Le fort peut prendre illicitement de petites sommes d’argent à des milliers de personnes, peut entraîner des milliers de petits préjudices… Comme la législation française ne reconnaît pas l’action collective, chaque victime ne peut pas s’offrir un procès… Quand bien même un courageux téméraire tenterait de saisir le juge, son gain serait illusoire par rapport aux frais de procédure ; et sa victoire n’entamerait d’aucune manière l’immense bénéfice réalisé par l’entreprise.

Le processus continue : Google vient de lancer Latitude, qui utilise les procédés de géolocalisation des téléphones portables ou la triangulation par les antennes GSM pour repérer les utilisateurs de téléphone portable sur un plan. La fin des maris volages ? Selon l’entreprise américaine, tout serait facultatif. Cependant, tout mécanisme «obligatoire» a commencé sa carrière dans l’optionnel. Alors, de renoncement en renoncement, le temps des poètes sera mort, l’instant furtif des bancs publics cher à Brassens révolu. Il ne restera plus qu’à rêver : «Les secrets les plus doux sont encore plus doux lorsqu’ils restent secrets.»

Acte 2

Street View n’est pas Big Brother (03/03/2009 )

« Peter Fleischer  responsable de la protection des données personnelles chez Google.

D’ici une centaine d’années, quelles avancées auront marqué notre époque ? Nos progrès politiques comme la création de l’Union européenne ? Les avancées scientifiques ?

Selon nous, s’il y a un progrès en gestation depuis la fin du XXe siècle qui pourrait marquer le passage de notre génération sur terre, c’est bien celui du partage de la connaissance. Engendrée par Internet, la démocratisation de l’accès à l’information au tournant du millénaire est une révolution dont on se souviendra probablement très longtemps. Dans une tribune parue le 13 février dans Libération, Odile Belinga et Etienne Tête ont émis un certain nombre de critiques concernant Street View, la nouvelle fonctionnalité de Google Maps qui permet de naviguer virtuellement dans les grandes villes françaises. Les deux auteurs affirment que ce service ne respecte pas la vie privée des individus et le comparent à de la vidéosurveillance.

Street View permet quotidiennement à des milliers d’utilisateurs de naviguer à trois cent soixante degrés grâce à des photos prises dans la rue à hauteur d’homme. Les internautes du monde entier peuvent ainsi se déplacer virtuellement, préparer leur prochain voyage à Rome, descendre les Ramblas à Barcelone, explorer leur ville, ou tout simplement repérer l’adresse de leur prochain appartement. C’est aussi un formidable outil pour mettre en valeur le patrimoine d’une ville ou promouvoir l’activité d’un commerçant. Il s’agit ici de contribuer à l’écosystème ouvert et bénéfique permis par Internet. Les nombreux partenaires qui ont choisi de s’associer à ce service (Télérama, Cityvox, l’Office du tourisme et des congrès de Paris…) ne s’y sont pas trompés.

Le service Street View respecte-t-il la vie privée ? La question est tout à fait légitime. Et la réponse est oui. Rappelons tout d’abord une évidence : sur Internet, l’information, comme la concurrence, est toute proche, à un seul clic de souris. Autrement dit, sans l’intérêt et la confiance de l’internaute, un site ne vaut pas grand-chose. Et cette confiance, il s’agit de ne pas la bafouer.

Les photographies affichées dans Street View sont parfaitement licites. Elles ne contiennent que des images de voies publiques et ne dévoilent aucune information qui n’était déjà exposée à la vue des passants. Les arguments selon lesquels un service de cartographie comme le nôtre ne pourrait pas utiliser de telles images au nom du respect de «l’intimité» remettent fondamentalement en cause la notion d’espace public. Ils dénaturent au contraire cette sphère de l’intime à qui la loi accorde, à juste titre, une protection accrue.

Les images de Street View sont les mêmes que celles que pourrait prendre n’importe quel passant dans la rue avec son appareil photo. Des images de ce type, sur les villes du monde entier, sont déjà diffusées dans toutes sortes de formats sur la Toile mondiale. Conscient que ce service rassemblait ces images en un seul endroit, Google a volontairement décidé de prendre des précautions supplémentaires en créant une technologie de floutage automatique des visages et des plaques d’immatriculation, dont la Cnil a d’ailleurs salué la mise en œuvre. Pour aller plus loin, en cas de visage non flouté ou imparfaitement flouté, toute personne peut demander la suppression des images concernées en cliquant sur un simple bouton. Les photos ne sont pas datées (ni heure, ni jour) et ne sont pas des prises de vue en temps réel. Bref, tout sauf des caméras de surveillance !

Soyons curieux, doutons, c’est ce qui a animé nos échanges avec la Cnil avant le lancement de Street View en France. Mais n’ayons pas peur, par principe, du progrès et des avancées technologiques qu’il implique. Prenons l’exemple récent de «Google Flu Trends» : avant d’appeler leurs médecins, beaucoup d’internautes utilisent comme mot-clé «symptômes de la grippe» dans leur moteur de recherche. Cette requête, multipliée par des millions d’individus a permis à Google de développer un outil de prévision des foyers de grippe capable de devancer jusqu’à dix jours celui des autorités sanitaires. En observant simplement les zones géographiques renseignées par les rapports de connexion. Soyons curieux, soyons vigilants, mais n’ayons pas peur d’Internet.

Bien plus que le véhicule de menaces, aussi réelles sur Internet que dans le monde physique, c’est avant tout un outil extraordinaire qui facilite nos vies au quotidien.» 

Sources :

BELINGA, Odile. TÊTE, Etienne. « Google Street View : vices privés et vertus publiques» . In Libération.fr. 13 février 2009. [en ligne] www.liberation.fr/medias/0101319207-google-street-view-vices-prives-et-vertus-publiques (vérifié le 04/04/2009).

FLEISCHER, Peter. « Street View n’est pas Big Brother» . In Libération.fr. 3 mars 2009. [en ligne] www.liberation.fr/medias/0101466378-street-view-n-est-pas-big-brother (vérifié le 04/04/2009).

Colloque « Identification et surveillance des individus»  organisé par la BPI. Samedi 17 janvier. Identification et surveillance des individus. www.bpi.fr/fr/la_saison_culturelle/conferences_debats/libertes_individuelles_et_processus.html

Dead pixel in Google Earth (2008) d’Helmut Smits

Mercredi 1 avril 2009

Dans la série des travaux « fait pour être vu du ciel»  : « 82 x 82 cm burned square, the size of one pixel from an altitude of 1 km»  (Helmut Smits)

Sources :

SMITS, Helmut. Helmut Smits – art & design. [en ligne]. www.helmutsmits.nl/english/indexenglish.html (vérifié le 1er avril 2009)

Illustration : photographie de Jeroen Wandemaker (source : Site de l’artiste Helmut Smits – art & design)