TerraNumerica : Last Life de Maurice Benayoun
Mercredi 20 janvier 2010
En croisant les espaces des réseaux sociaux, des webcams et des bases de données urbaines il s’agit de tracer les limites d’une économie de l’attention. Le projet Last Life définit une urbanité en ligne où l’enjeu de visibilité concerne moins la façade (architecturale) que la représentation sociale.
Les univers virtuels comme Second Life nous proposent un monde de substitution dans lequel nous vivons une vie de substitution (avatars). Last Life nous rappelle que nous n’avons qu’une vie et qu’il faut en profiter. Elle nous pousse à se fixer des objectifs, voire à modifier notre vie pour les atteindre. Les univers persistants constituent le plus souvent des réseaux sociaux et des lieux de rencontre, plus rarement des espaces symboliques qui aident à penser notre relation au monde et aux autres. Dans ce memento mori temps réel, le temps d’attention, à l’instar des régimes marchands de la communication télévisuelle, est la seule monnaie d’échange (la « $econd of Life» $ol). Le temps de vie et le temps d’attention qui en découle est le capital initial que nous détenons tous sans en connaître l’ampleur et que nous dépensons souvent sans compter. Comme c’est la vraie vie, l’attention accordée à l’autre devient un don que ce dernier devra justifier par la qualité de la vie cadrée par la webcam qu’il offre à l’appréciation du visiteur.
Last Life from lastlife on Vimeo.
Illustration : Frédéric Maurel.







