Si la visualisation de visite virtuelle de projets architecturaux (concours, projet du lauréat à venir ou en cours de construction) n’est pas originale, leur généralisation future dans la pratique des cabinets d’architecture – qui ne fait pas de doute – n’en est pas moins intéressante. C’est ce que relève cet article de Jean-Philippe Defawe, paru dans le Moniteur-Expert.com le 07/02/2008, après les récompenses obtenues au festival Imagina 2008, salon européen de la 3D qui s’intéresse à des champs aussi divers que l’architecture, l’industrie, le paysage et l’urbanisme, les médias et l’entertainment.
C’est qu’il s’agit d’un « formidable outil de communication» :
Conception mise à part, la 3D présente également un grand intérêt en matière d’aide à la décision et de communication. Là encore, les technologies du jeu vidéo sont venues bouleverser l’offre. C’est d’ailleurs en utilisant la puissance de la technologie du temps-réel issue du monde du jeu vidéo que deux architectes ont fondé IMAGTP. S’appuyant sur un partenariat exclusif avec Crytek, l’un des principaux studios mondiaux de création de jeux vidéo, IMAGTP propose une maquette virtuelle interactive qui permet des échanges plus poussés entre les décideurs d’un projet tout en offrant un outil de communication efficace grâce à des images, des films ou des visites virtuelles scénarisées pouvant être exploités à partir de la maquette. « Cette maquette virtuelle interactive permet également, dès le début de la conception, d’anticiper les utilisations. Sur le projet du tramway de Nice, la maquette a servi par exemple pour déterminer la place du mobilier, mais elle a également permis de résoudre des interrogations sur la taille des trottoirs car l’on retrouve les problèmes que l’on peut rencontrer sur les chantiers» explique Arnaud Moioli, directeur général d’IMAGTP.
Il est ainsi également possible d’insérer le projet 3D dans le territoire
La maquette numérique peut s’étendre à l’échelle d’une ville ou d’un territoire comme en témoigne la dernière version de LandSIM3D® de Bionatics. « A partir de données de type IGN, ce logiciel permet de modéliser en 3D un paysage existant en quelques heures seulement de manière géo-référencée» explique Stéphane Gourgout, co-fondateur de Bionatics. Les projets 3D peuvent ensuite être, facilement et avec précision, insérés dans le paysage. Là encore, cette technologie est abordable avec un ticket d’entrée à 7.000 euros pour le logiciel et des données géographiques de moins en moins chères (moins d’un euro le km2 pour des données IGN et 50 euros pour une ortho-photo de 1 km2).
Nous retiendrons enfin que la dimension temporelle est ici mise à l’honneur puisqu’il s’agit, selon un principe remarqué dans d’autres articles de ce blog, d’ajouter cette quatrième dimension aux trois autres. Réalisées en amont de la réalisation du projet, dans un contexte de conception et développement bien particulier – principalement à des fins de communication auprès des différents acteurs – nous pourrions nous interroger sur le statut que prennent ces démonstrations ainsi que leur préservation, en fonction de la trajectoire du projet : par exemple, dès lors que le projet est réalisé, à l’image de l’animation concernant le projet d’Historial Charles de Gaulle aux Invalides, inauguré récemment (comme outil de comparaison, dans l’éventuel écart entre le projet et sa réalisation ; ou comme mémoire, archive relativement fidèle pour les raisons précédentes, si le projet était amené un jour à disparaître ; etc.). Ainsi en va-t-il de ces « objets spatio-temporels» d’un genre particulier, si l’on reprend en l’élargissant le concept développé par l’artiste Tania Ruiz. D’autres, en revanche, seront condamnés à rester à l’état de fictions non réalisées pour des raisons diverses. Cette problématique concerne évidemment à n’importe quel projet d’architectes, toutes époques confondues, mais il nous semble la représentation d’une simulation de visite perturbe davantage le rapport du projet au réel.
A voir également les visites virtuelles concernant :
Le futur Forum des Halles de Paris
Ile Seguin, le projet « Rives de Seine»
Fondation Louis-Vuitton pour la Création de Franck Gehry